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Geste barrière : pourquoi est-il presque impossible de ne pas se toucher le visage ?

Geste barrière : pourquoi est-il presque impossible de ne pas se toucher le visage ?

Pour Ă©viter que le virus ne pĂ©nètre l’organisme via les muqueuses du visage, il faudrait en toute logique arrĂŞter de le toucher. Un dĂ©fi extrĂŞmement compliquĂ© Ă  relever car le geste nous permet d’interagir avec soi et les autres. Explications.

En matière de règles d’hygiène, pour se prĂ©munir d’une contamination au coronavirus Covid-19, d’aucun sait qu’il est primordial de se laver les mains rĂ©gulièrement. Pour bien faire, il faudrait aussi Ă©viter de se toucher le visage, car le virus peut aussi pĂ©nĂ©trer l’organisme via les muqueuses, Ă  savoir les yeux, les narines, les lèvres, la bouche. Seulement problème. Dans les faits, il est quasiment impossible de ne pas porter ses doigts Ă  son visage.

La raison est simple : il s’agit de gestes «réflexes», effectués donc sans même s’en rendre compte. Bien sûr, dans le climat ambiant, rares sont celles et ceux qui rongeront allègrement leurs ongles après être passés à la caisse d’un supermarché. Dans la même situation, nombreux sont ceux, en revanche, qui se gratteront le coin du nez ou porteront une main à leur bouche pour réfléchir. «Ces gestes sont dits « autocentrés », ils consistent à se toucher soi-même, précise Dominique Picard (1), psycho-sociologue. Ils font partie des comportements de base pour vivre en société, et ont trois fonctions : celle de la réassurance, du contrôle de soi et de défense par rapport à soi».



VĂ©rifier que tout va bien

La première fonction permet de se donner confiance, de se rassurer. C’est elle qui nous pousse à passer le doigt sur nos sourcils pour s’assurer qu’ils sont disciplinés, à utiliser son auriculaire et à toucher le coin de notre bouche quand on a l’impression d’y avoir laissé du dentifrice. «On vérifie que « tout va bien ». Ces gestes sont un peu comme un miroir de poche que l’on sortirait sans arrêt», illustre la spécialiste.



Contrôle et auto-défense

«Nous avons pu observer grâce à des travaux scientifiques que les gestes autocentrés sont étroitement liés aux émotions internes», commente Dominique Picard. Ces dernières nous trahissent et relèvent de l’intimité ; l’objectif est de ne pas les communiquer à tout le monde, d’empêcher que les autres les voient.

La preuve, nous nous touchons moins souvent le visage lorsque l’on est seul chez soi.

«Avec les gestes autocentrĂ©s, on tente de contrĂ´ler l’expression de ses Ă©motions», rĂ©sume la psycho-sociologue. En cas de gĂŞne par exemple, certains posent les paumes de mains sur leurs joues pour cacher le rougissement. D’autres portent leurs doigts Ă  leur bouche pour masquer le fait que cette dernière se tord sous le coup de la tristesse, ou pour Ă©craser un rire moqueur.



Les émotions sont troublantes, elles surgissent, surprennent. En réaction, on se protège pour éviter qu’elles nous envahissent, nous gênent. «Quand on est ému, on est atteint par quelque chose de violent, qui nous fait mal, il faut alors se défendre», ajoute Dominique Picard.

Et si elles ne transparaissent pas toujours et exclusivement sur le visage, ce dernier reste très expressif, alors pour agir, les doigts se dirigent vers lui. Quand une larme monte par exemple, certains pourront se toucher l’œil, se gratter la paupière. Faire comme s’ils avaient mal aux yeux, en somme.

Ceci Ă©tant dit, c’est assez logiquement que les personnalitĂ©s peu sĂ»res d’elles ou particulièrement Ă©motives sont plus susceptibles que d’autres, de porter leurs mains au visage au quotidien. «Elles ont besoin d’être rassurĂ©es, de se protĂ©ger de leurs propres Ă©motions et des autres», complète Dominique Picard.





Vigilance et concentration

Pour contrer le rĂ©flexe, il est possible d’apprendre Ă  le contrĂ´ler mais dans des temps limitĂ©s, indique la psycho-sociologue. «Les hommes et femmes politiques apprennent Ă  le faire le temps d’une reprĂ©sentation, par exemple». Dans le contexte actuel de propagation de l’épidĂ©mie, seules la vigilance et la concentration sur le geste que l’on est en train d’effectuer peuvent aider. «Il faut tenter d’être attentif lorsqu’on s’apprĂŞte Ă  le faire sans s’ĂŞtre nettoyĂ© les mains avant, souligne Dominique Picard. Et suivre de façon stricte les consignes d’hygiène, en se lavant les mains sans arrĂŞt».

(1) Dominique Picard est notamment auteure de Politesse, savoir-vire et relations sociales, (Éd. Que sais-je ?), 9 euros.



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